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Gauthier de Villers

Notice biographique

Docteur en droit (ancien régime) et docteur en sociologie de l'Université Catholique de Louvain. Collaborateur scientifique du Musée royal de l'Afrique centrale où il était, avant sa retraite, responsable de la section d'Histoire du Temps présent. Cette nouvelle section du Musée a absorbé l'Institut africain et le Centre d' Etudes et de Documentation africaines dont il avait été directeur. Dans ces cadres professionnels, était éditeur des Cahiers du CEDAF devenus les Cahiers africains. Enseignement universitaire et recherche en Algérie dans une première période de sa carrière, et puis, dans une seconde période, au Congo-Kinshasa. Articles et ouvrages portant surtout sur trois thématiques : la question de l' Etat et du changement politique abordée dans des perspectives historique et sociologique; les relations entre la Belgique et le Congo-Kinshasa; le phénomène de l' “informalisation” de l'Etat et de la société.

 

Résumé de la communication

L'enjeu des élections congolaises. Rôle et démarche de la Communauté internationale

Dans la période de transition politique, la démarche de la “Communauté internationale” a été axée sur un objectif : la tenue d'élections générales aussi “libres et transparentes” que possible. Celles-ci sont considérées comme une condition nécessaire pour la (re)construction d'un Etat manifestant des qualités de “gouvernance”. Mais on savait que les élections ne constituent pas un “remède miracle”, que leurs effets seront conditionnés par les évolutions intervenues pendant la période de transition. Il s'agissait dès lors pour la Communauté internationale, dans la période “post-conflit” ouverte avec l'accord de paix de la fin 2002, d'oeuvrer par ses interventions à une pacification et stabilisation politique du pays en même temps qu'à l'engagement d'un processus de reconstruction institutionnelle, sécuritaire, économique, de manière telle que des élections soient possibles mais aussi qu'elles viennent sanctionner des évolutions positives, qu'elles permettent de confirmer et consolider des acquis de la transition. Or ces interventions ont débouché dans les domaines de la gouvernance et de la réforme des forces armées sur des échecs majeurs, dans le domaine économique sur des succès limités et fragiles perceptibles essentiellement sur le plan macroéconomique, ne produisant guère d'effet sur le terrain de la “lutte contre la pauvreté”.

Devant les déboires et dérives de la transition, la Communauté internationale a eu tendance à miser de plus en plus sur des vertus thaumaturgiques attribuées au processus électoral. Cela d'autant plus que l'organisation d'élections, malgré les immenses défis à surmonter, pouvait apparaître comme une tâche plus aisémént maîtrisable que, par exemple, le construction d'une armée nationale. Et de fait la seule réussite dont la Communauté internationale puisse se réclamer aujourd'hui avec quelque bon droit est sa contribution à la tenue de ces élections.

Mais comment apprécier les résultats de celles-ci du point de vue des objectifs que les principaux acteurs extérieurs poursuivaient, c'est-à-dire le maintien d'une stabilité politique, la mise en place d'institutions bénéficiant d'une légitimité démocratique, le développement d'une capacité de gouvernance? Nous jugerons (mais avec un recul encore insuffisant) que de ces trois points de vue les changements produits par le processus électoral sont limités et ambivalents.