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Eric Tollens
Biographical note
Dr. Eric Tollens has an agricultural engineer degree from K.U. Leuven (1967), a M.A. economics (1970) and a Ph.D. in agricultural economics (1975) degree from Michigan State University, East Lansing, U.S.A. He started his career in the Congo in 1971 as a professor of agricultural economics until 1977. He then became and administrator at the European Commission in Luxemburg till 1983. From 1983 on, he is a professor at K.U. Leuven, particularly interested in agricultural marketing, food security, agricultural development and the world food problems. He is member of the Board of Trustees of ICRAF (World Agroforestry Center), of the Scientific and Technical Council (CST) of ISRA (Dakar), of the Scientific and Program Council (CSP) of AGRHYMET (Niamey), and of the Scientific Advisory Committee of PRASAC-ARDESAC (Cameroon, Tchad, RCA). He has contributed to three books on agricultural development and food security in the DRC (The Agricultural Development of Zaire, “Nourrir Kinshasa” and “Sécurité Alimentaire au Congo-Kinshasa”. Il coordonne les «Etudes des Filières des Principales Cultures Vivrières en RDC» (projet FAO/GCP/DRC/031/BE). Dernièrement, il a été élu President du Conseil Scientifique et Technique du Programme de Relance de la Recherche Agricole et Forestière en RDC (projet 9 ACP ZR 13/1 (FAO/GCP/DRC/036/EC)).
Résumé de la communication
L’Agriculture, la Sécurité Alimentaire
et le Développement Economique de la RDC
Défis et Enjeux*
Le papier fait la revue du secteur agricole, de la sécurité alimentaire et du développement économique de la RDC. Le manque de données fiables est décrié mais les statistiques récentes, les seules disponibles actuellement, sont présentées et commentées dans ce papier. De plus, les perspectives concernant la collecte de meilleures statistiques, surtout en ce qui concerne la sécurité alimentaire, sont proposées. Avec seulement 1,8% du budget national pour l’agriculture, le Ministère de l’Agriculture et Développement Rural peut faire très peu, et ce qui se fait est essentiellement financé par les bailleurs. Les développements récents dans le domaine agricole et alimentaire sont brossés. On note une augmentation importante des importations alimentaires, au coût croissant, à cause de la flambée des prix sur le marché mondial. Concernant l’investissement en agriculture, surtout les cultures pérennes offrent de très bonnes perspectives et les Chinois semblent très intéressés et passent à l’action pour le palmier à huile.
La sécurité alimentaire dans le pays, et surtout à l’Est, reste très préoccupante. Un système de ‘postes sentinelles + IPC’ est mis en œuvre avec l’appui de la FAO et du PAM pour un meilleur suivi de la situation.
Concernant le développement économique, une reprise de l’activité économique se dessine et les signes ne manquent pas, surtout dans les grandes villes. De nouvelles constructions, l’ouverture de nouveaux magasins et supermarchés, les files de voitures, etc. et les augmentations d’importations alimentaires témoignent de la reprise économique, soutenue par un nouveau développement du secteur minier, et des services (bancaires, télécom, etc.). Mais l’intérieur du pays et le secteur rural stagnent toujours, et le risque est de nouveau une croissance économique inéquitable et non durable. Au stade actuel du développement économique du pays, le développement agricole avec ses liens en amont et en aval et ses effets multiplicateurs, reste incontournable pour une croissance économique de meilleure qualité qui profite aux grandes masses de population appauvrie.
La conclusion est que la RDC connaît actuellement une transition difficile entre l’humanitaire et l’urgence et un développement économique stable et durable. Beaucoup d’investissements publics et privés sont à l’étude, mais le ‘grand bond en avant’ se fait attendre et crée déjà des déceptions et découragements, aussi bien auprès de la population que parmi le nouveau gouvernement qui voit ses ambitions s’évaporer.
* Avec mes remerciements au prof. Kankonde Mukadi et Henry Muayila Kabibu pour leurs observations et remarques.