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Pambu Kita-Phambu

Notice biographique

Monsieur Pambu KITA-PHAMBU est, depuis 1986, Statisticien Chargé d’études au sein du Bureau d’Etudes de l’Université Libre de Bruxelles (ULB), dans le département de Statistiques et Etudes prospectives. Il est aussi membre de l’Observatoire statistique du Pôle Universitaire Européen Bruxelles-Wallonie. Chercheur au sein du Laboratoire de Méthodologie du Traitement des Données de l’ULB, ses recherches portent sur la dynamique des systèmes d’enseignement et la modélisation des flux d’étudiants. Il a notamment publié en 2001 à titre de co-auteur « La population étudiante : description, évolution et perspectives ».

Il est en outre très actif dans le secteur de la solidarité internationale. Il est, entre autres, Administrateur général de la CGMD (Coordination Générale des Migrants pour le Développement), Président honoraire de FERAD (Formation, éducation, recherche et action pour le développement), Président du CRC (Comité pour la Reconstruction du Congo), Executive Director pour la Belgique de l’ANACCO (All North America Conference en the Congo), Commissaire Fédéral de la FCE (Fédération des Congolais de l’Etranger). Ses nombreux voyages au Congo portent sur le processus d’implication efficace de la diaspora dans la reconstruction du Congo.

 

Titre de la communication :
Apport et implication de la diaspora au bien-être des populations congolaises.

Résumé

La République Démocratique du Congo, comme quelques pays africains, a pris conscience de l’apport de la diaspora à son développement.
Déjà, en effet, le 26 janvier 2003 à Lubumbashi, bien avant l’actuelle législature, devant l’Assemblée Constituante et Législative, Parlement de Transition, le Président de la République Joseph Kabila déclarait que « puisque nous devons compter sur l'effort de chacun pour aller de l'avant, désormais, les Congolais de la diaspora seront davantage appelés à apporter leur contribution pour la reconstruction nationale. Il importe que nos compatriotes vivant à l'étranger gardent, spirituellement et matériellement, un lien fort avec la mère-patrie. Si les diasporas de par le monde ont pu renforcer leurs pays d'origine, il est temps que la diaspora congolaise prenne conscience de sa participation dans l'œuvre de la reconstruction du pays ».
L’Union Africaine de son côté, dans un nouvel article 3(q) de l’Acte Constitutif adopté en février 2003, déclare que l’organisation « invitera et encouragera la pleine participation de la diaspora, en tant que partie importante de notre continent, à la construction de l’Union Africaine ». Le premier semestre 2008 verra d’ailleurs la diaspora africaine devenir officiellement la Sixième Région de l’Union Africaine.
A la tribune du Forum Mondial sur les Migrations tenu à Bruxelles les 7-9 juillet 2007, le Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-Moon déclarait que « depuis des décennies, le dur labeur de migrants solitaires a contribué à soustraire des familles et des communautés entières à la pauvreté. Leurs gains ont construit des maisons, fourni des soins de santé, équipé des écoles, jeté les bases d'activités commerciales. Ils ont tissé un réseau mondial en faisant passer idées et savoirs d'un pays à l'autre. Ils ont constitué le lien humain dynamique entre les cultures, les sociétés et les économies. Pourtant, ce n'est que récemment que nous avons commencé à comprendre non seulement combien les migrations internationales contribuent au développement, mais aussi combien des politiques intelligentes peuvent amplifier ces effets. […] C’est seulement ces dernières années que les gouvernements ont compris l’importance des rapatriements de salaires pour le développement, et [qu’] ils ont pris des mesures … Ceci a considérablement réduit les frais de transfert dans de nombreuses économies. Evidemment l’argent n’est pas la seule mesure de la richesse des migrants. Il faudrait aussi examiner comment les pays d’origine peuvent tirer profit de l’abondance de compétences et de connaissances accumulées par les migrants. Comment les migrants, Médecins, Psychologues, Chercheurs, Economistes de la santé, qui ont réussi à l’étranger peuvent-ils aider à former la prochaine génération de médecins dans leur pays d’origine ? Quelles stratégies doivent suivre les pays pour amener leurs scientifiques et entrepreneurs à revenir ? Comment peut-on servir le codéveloppement, et comment, par exemple, les pays développés qui recrutent du personnel hautement qualifié peuvent-ils acheminer une aide en retour vers les pays d’origine afin d’y appuyer [notamment] l’éducation… ».

La prise de conscience politique est aujourd’hui – certains diront enfin – une réalité. Un Vice-Ministère des Congolais de l’Etranger a d’ailleurs été créé au sein du Gouvernement congolais.

Trois éléments méritent d’être soulignés et explicités :

1° une diaspora congolaise très active
La diaspora n’a pas attendu la création du Vice-Ministère pour s’impliquer et apporter son concours à la survie des populations congolaises. Des actions ont été menées, des actions sont en cours et la tendance est à une nette propension à leur croissance. Bien que l’on ne puisse nier l’impact positif de ces actions sur le bien-être des bénéficiaires, on ne peut affirmer qu’elles ont initié un décollage remarquable du Congo, notamment au regard des sommes transférés. Sur ce plan, la coopération ne semble pas avoir fait mieux. Mais ceci n’est pas notre propos. Il n’en demeure pas moins que ces actions ont participé au maintien d’un minimum de mieux-être dans nombre de familles congolaises.

2° le Vice-Ministère des Congolais de l’Etranger : un dispositif à exploiter
Comme pour les transferts financiers qui sont principalement utilisés pour la consommation courante, les actions de la diaspora, alors qu’elles répondent à des besoins souvent vitaux, pèchent pourtant par leur non-intégration dans une dynamique de développement planifiée.
Un des objectifs du Vice-Ministère des Congolais de l’Etranger est de rendre plus efficace ces apports de la diaspora. Le Congo n’a aucune expérience d’un tel dispositif. « Que faire ? Pourquoi le faire ? Comment le faire ? » sont parmi les questions auxquelles la Vice-Ministre en Charge des Congolais de l’Etranger voudrait donner une réponse de préférence consensuelle.
Le premier Forum des Congolais de l’étranger prévu sera un moment capital pour le Congo et sa diaspora.

3° la diaspora : un acteur de développement
L’idée généralement répandue d’une action individualisée de la diaspora, souvent dirigée vers des bénéficiaires familiaux, a laissé dans l’ombre la masse d’actions que la diaspora réalise d’une manière structurée, en association ou en partenariat avec des groupes organisés, comme acteur de la solidarité internationale ou comme acteur économique. Tout observateur de la diaspora congolaise note une montée en puissance de ce type d’actions. Les associations se structurent. Des plates-formes se créent. Des synergies se mettent en place. Un décollage semble possible. Est-on en droit d’être positif ?